L'édito de Steevy: 20ans après....Usher se cherche toujours | La Scandaleuse

L’édito de Steevy: 20ans après….Usher se cherche toujours

Usher

La nouvelle est tombée pas plus tard qu’hier soir, Usher – qui a déjà proposé un superbe medley lors des derniers BET awards- sera présent aux MTV Awards où il aura l’occasion de faire une rétrospective à l’occasion de ses 20 ans de carrière.

En effet, on  en a pas vraiment l’impression mais ça fait bel et bien 20ans que le premier opus du petit Raymond a vu le jour. Pour être plus exact, cet opus éponyme aura 20 ans le 30 aout 2014. C’est aussi son seul vrai échec commercial vu que ce premier projet composé aux cotés de Diddy et de Faith Evans ne trouvera que 260.000 preneurs, bien avant les foudres que déchaîneront  tour à tour ses opus  My Way, 8701 et bien évidemment  Confessions qui lui a eu 10 ans, un peu plus tôt dans l’année. C’était aussi l’époque de l’audace, avant tous les soucis qui se sont posés autour de l’interprète de Good Kisser.

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=mtv3iZ_wRis&feature=kp[/youtube]

En effet , Usher a un souci, c’est globalement et très fermement un excellent second.

Si le R&B était un 100 mètres, il arriverait second ou même 3eme dans toutes les catégories. Il sait très bien chanter mais n’a pas une voix extraordinaire face à des R.Kelly, Luther Vandross, Joe. Il danse très bien mais n’est pas forcement au-dessus d’un, Sisqo, Chris Brown et même Michael Jackson, puis il ne compose et n’écrit pas, ce qui le laisse encore loin derrière une bonne partie des artistes précédemment cités. Le fait qu’il soit plus ou moins bon partout est dans les faits une excellente chose, mais une chose qui ne lui accorde qu’une deuxième place dans le général et ça il l’a toujours su.

Il  n’a jamais autant rayonné que dans ses 2 premiers albums quand il vendait très bien mais avait au-dessus de lui un R.Kelly en terme de notoriété. On le voit au travail de My Way  ou de 8701, ces 2 opus respirent une certaine fraîcheur et une prise réelle de risque. Il s’épanouissait. Là où tout se gâte pour lui, c’est le jour où Confessions devient ce qu’il est devenu.

14 millions d’exemplaires vendus dans le monde donc 10 millions aux U.S.A, l’opus masculin de R&B le plus vendu de tous les temps dans ce pays. Un classique. Lui qui aimait cette place de deuxième et qui s’y épanouissait est devenu d’un coup le meilleur des meilleurs de toute générations confondues du Rhythm and Blues.
Mais cette position d’ abord géniale pour lui, a tout de suite après posé de grands problèmes et ce pour plusieurs raisons :

Confessions a beau être un bon album, il n’a pas de son particulièrement fort. On ne peut reconnaitre dans cet opus, une uniformité sonore qui n’existait pas ailleurs. C’est un bon album de R&B mais ce n’est pas un son corrosif  à l’artiste. Exemple : Quand on écoute Invincible, on peut aimer ou ne pas aimer mais c’est du Michael Jackson. On écoute Charmbracelet, c’est du Mariah Carey. On écoute Dance With My Father, c’est Vandross dans sa finesse. Les 2 opus de Sisqo sont très emblématiques du son Dru Hill. Confessions aurait très bien pu être chanté par Ginuwine ou un autre qu’on n’y aurait pas vu de grandes différences. L’opus bien qu’étant bon n’a pas le « Usher Factor » et pour cause ? Il n’existe pas, il n’a jamais pris le temps de le créer.

C’est en ça que la position de second et de très bon second était géniale pour lui, n’ayant pas une grande marque au niveau sonore. Il pouvait se faufiler et piocher un peu partout pour faire de belles choses sans avoir de grands comptes à rendre. Dès Confessions, ce n’est plus possible, il lui faut trouver quelque chose, un plan . .. et c’est là que tout tombe à l’eau.

Il commence par faire le pari d’une certaine maturité  un peu grand public mais Here I Stand se prend une claque. L’opus n’est pas forcément moins bon que le précédent, au niveau vocal il y délivre même de grands moments mais pas ce qu’on attend du ténor de la scène urbaine, pas de Usher mais de ce qu’il est censé représenter. De 14 millions, il passe à 2 millions d’acheteurs et  se sent piégé. Avec un Chris Brown qui monte en force et un R.Kelly qui rebat les cartes de sa carrière : il n’a aucune sérénité.

Pas le temps de se poser et de réfléchir par peur de se faire oublier, pas le temps d’essayer de trouver le son de vétéran propre qui devrait être le sien, alors il se lance plus ou moins dans tout ce qui peut lui maintenir une image sur scène. Il n’a jamais pu avoir le courage ou l’empreinte d’un Justin Timberlake dont la carrière solo est pourtant plus récente. Sur Raymond Vs Raymond, on a assisté au combat entre l’ancien Usher ( Jimmy Jam, B.cox) face au nouveau plus pop ( Danja, Will.I.AM).  Il a vu que la dance marchait et a plongé pieds et mains liés à l’intérieur jusqu’à ce que les fans de R&B se lassent et lui foutent une claque avec Looking for  Myself qui portait d’ailleurs très bien son nom.

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Rien dans cet album ne donnait l’impression d’avoir affaire à un vétéran de l’industrie mais plus à un jeune artiste en pleine recherche de son identité. On restait dans cette idée que tout dépend des producteurs et de leurs inspirations en très  grande partie. Quand Rodney  travaille avec une Janet ou une Brandy, ils essaient de leur recréer l’ambiance de leurs débuts ou d’innover d’une certaine manière. Avec Monsieur Raymond, on cherche le plus grand nombre de tubes possibles sur l’instant.

A la fin de l’écoute de cet album,  le constat était claire, malgré sa carrière, il était encore en pleine recherche de sa personnalité artistique, de son « son ».  Et la chose s’est accentuée avec la sortie du  The 20/20 experience de Justin Timberlake qui lui a montré qu’il façonnait des piliers, une discographie, une patte et presque une philosophie musicale avec Timbaland.

Il a fait ce qu’on attendait d’un Usher, à savoir qu’il est allé contre le vent et a ramené le son rnb old school à la mode avant que Robin Thicke, Daft Punk et Pharrell Williams s’enfoncent le clou pat la suite.

Usher ? Il a fait ce qu’il a fait, ce qu’il sait faire, à savoir suivre, un an pile poil après.  Good Kisser ( d’ailleurs moyennement reçu dans les charts) et le nouveau single avec Nicki Minaj sont des tentatives une nouvelle fois de « copier » ce qui a été fait et fonctionne par les autres. On apprécie parce que les titres ne sont pas mauvais, qu’on prend plaisir à le voir refaire du r&b, parce que c’est un vocaliste très talentueux qui a sa place… mais à l’heure où on célèbre ses 20 ans de carrière avec à la clé, la sortie d’un 8ème album  XY, on ne peut s’empêcher d’avoir un goût amer et d’espérer qu’il y aura à un nouveau un regain d’originalité, d’envie, de prise de risque, dans cette carrière, au demeurant assez formidable.

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C’est compliqué de re-offrir totalement son cœur à quelqu’un dont on sait qu’il peut à tout moment changer et c’est dans cette situation qu’il a mis les fans de r’n’b. Il y a toujours cette impression que si c’était le zoulou-tambour qui fonctionnait dans les charts, il n’aurait aucun mal à se travestir pour en faire et c’est bien dommage.

 

Triste réalité !

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